Personne hébergée gratuitement et trêve hivernale : quels droits ?
- Hébergé gratuitement : de quelle situation parle-t-on ?
- Hébergé gratuitement, locataire, squatteur : les différences importantes
- La trêve hivernale protège-t-elle une personne hébergée gratuitement ?
- Quelles preuves réunir pour comprendre le statut de la personne hébergée ?
- Comment faire partir une personne hébergée gratuitement ?
- Ce que l'hébergeur ne doit pas faire
- Que faire si vous êtes hébergé gratuitement et qu'on vous demande de partir ?
- Hébergement gratuit dans la famille : pourquoi le conflit est souvent plus complexe
- Une personne hébergée gratuitement peut-elle être considérée comme squatteur ?
- Un locataire peut-il demander le départ d'une personne qu'il héberge ?
- Que se passe-t-il après le 31 mars ?
- Guides utiles selon votre situation
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Questions fréquentes sur les personnes hébergées gratuitement pendant la trêve hivernale
- Une personne hébergée gratuitement est-elle protégée par la trêve hivernale ?
- Une personne hébergée gratuitement est-elle un locataire ?
- Une personne hébergée gratuitement peut-elle devenir occupante sans droit ni titre ?
- Peut-on mettre dehors une personne hébergée gratuitement sans jugement ?
- Quelle différence entre hébergé gratuitement et squatteur ?
- Comment prouver qu'un hébergement gratuit était temporaire ?
- La personne hébergée peut-elle demander un délai pour partir ?
- Que faire si la personne hébergée refuse de partir après la trêve ?
Une personne hébergée gratuitement n'est pas un locataire classique, mais elle n'est pas automatiquement un squatteur non plus. Pendant la trêve hivernale, la question décisive est donc de savoir comment la personne est entrée dans le logement, si un accord d'hébergement existait, si cet accord a pris fin, quelles preuves sont disponibles et quelle procédure a été engagée. La réponse peut changer selon qu'il s'agit d'un hébergement familial, d'un ex-conjoint, d'un ami accueilli temporairement ou d'une occupation devenue conflictuelle.
Tout dépend de la situation réelle : accord initial, durée de l'hébergement, résidence principale, absence de bail, décision de justice, conditions d'entrée dans les lieux et statut d'occupant au moment de la demande d'expulsion.

Hébergé gratuitement : de quelle situation parle-t-on ?
L'hébergement à titre gratuit désigne une situation dans laquelle une personne occupe un logement sans payer de loyer, avec l'accord de la personne qui dispose du logement. Il peut s'agir d'un parent, d'un enfant majeur, d'un ami, d'un ex-conjoint, d'un proche en difficulté ou d'une personne accueillie temporairement.
Le point important est l'existence de l'accord initial. Une personne qui est entrée dans les lieux avec l'autorisation du propriétaire, du locataire ou de l'occupant principal ne se traite pas comme une personne entrée par effraction. En revanche, lorsque l'accord prend fin et que la personne refuse de partir, elle peut devenir occupante sans droit ni titre, ce qui ouvre un autre terrain juridique.
Entrée autorisée
La personne a été accueillie au départ avec l'accord de celui qui disposait du logement.
Pas de bail classique
L'absence de loyer et de bail d'habitation change l'analyse par rapport à un locataire protégé.
Fin de l'accord
Quand l'hébergeur demande le départ, il faut prouver la fin de l'autorisation et suivre une procédure adaptée.
Hébergé gratuitement, locataire, squatteur : les différences importantes
La plupart des erreurs viennent d'une confusion entre plusieurs statuts. Or, pendant la trêve hivernale, le statut réel de l'occupant est souvent déterminant. Un locataire en impayé, une personne hébergée gratuitement et un squatteur n'ont pas le même point de départ, les mêmes preuves ni la même procédure.
| Situation | Entrée dans les lieux | Effet possible sur la trêve |
|---|---|---|
| Locataire avec bail | La personne occupe le logement avec un bail d'habitation. | La trêve protège généralement contre l'exécution matérielle de l'expulsion, sauf exceptions. |
| Hébergé gratuitement | La personne a été accueillie sans loyer, souvent par accord familial ou amical. | La protection dépend du dossier, de la décision judiciaire et de la qualification retenue. |
| Occupant sans droit ni titre | L'accord a pris fin ou aucun titre valable ne justifie le maintien dans les lieux. | Le juge peut apprécier les circonstances et la trêve peut ne pas jouer automatiquement. |
| Squatteur | La personne est entrée illégalement dans le logement. | La trêve hivernale ne s'applique pas aux squatteurs. |
| Ex-conjoint ou séparation | La situation dépend du logement familial et des décisions rendues. | Une décision du juge aux affaires familiales peut modifier l'occupation du logement. |
La trêve hivernale protège-t-elle une personne hébergée gratuitement ?
La réponse n'est ni «toujours oui», ni «toujours non». La trêve hivernale protège surtout contre l'exécution matérielle d'une expulsion pendant la période du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027. Mais pour une personne hébergée gratuitement, il faut d'abord déterminer si elle est assimilable à un occupant d'un lieu habité, si une décision d'expulsion existe, si elle est entrée légalement, et si une exception peut être retenue.
En pratique, la personne hébergée peut invoquer sa situation personnelle, l'usage du logement comme résidence principale, la durée de présence, les preuves de l'accord initial et l'absence de relogement. À l'inverse, l'hébergeur peut faire valoir la fin de l'autorisation, l'absence de bail, la nécessité de récupérer le logement ou une situation devenue impossible.
Arguments possibles de l'hébergé
- Il est entré dans le logement avec accord.
- Le logement est devenu sa résidence principale.
- Il n'a pas de solution immédiate de relogement.
- Il existe des preuves d'un hébergement stable.
- Une expulsion immédiate aurait des conséquences graves.
Arguments possibles de l'hébergeur
- L'accord d'hébergement était temporaire.
- La personne refuse de partir malgré une demande claire.
- Aucun bail ni loyer n'a été prévu.
- Le maintien dans les lieux crée un trouble ou une impossibilité.
- La situation relève désormais d'une occupation sans titre.
Quelles preuves réunir pour comprendre le statut de la personne hébergée ?
Dans ce type de dossier, les preuves comptent autant que les déclarations. Il faut reconstituer l'historique : quand la personne est arrivée, pourquoi elle a été accueillie, ce qui avait été convenu, si une date de départ était prévue, si elle a participé aux charges et comment la fin de l'hébergement a été annoncée.
Accord initial
Messages, mails, attestation, échange familial ou preuve que l'entrée dans les lieux a été autorisée.
Durée prévue
Date d'arrivée, durée annoncée, caractère temporaire ou stable de l'hébergement.
Participation financière
Virement, contribution aux charges, courses, factures ou absence totale de paiement assimilable à un loyer.
Demande de départ
Courrier, SMS, mail, mise en demeure ou échange prouvant que l'hébergeur a clairement retiré son accord.
Comment faire partir une personne hébergée gratuitement ?
L'hébergeur ne doit pas se faire justice lui-même. Même si la personne ne paie pas de loyer, même si elle avait promis de partir, même si l'hébergement devait être temporaire, il faut éviter les méthodes de pression : changement de serrure, coupure d'eau, coupure d'électricité, confiscation d'affaires ou intimidation.
La méthode dépend de la situation : dialogue, courrier de demande de départ, médiation familiale ou locative, mise en demeure, puis saisine du juge si aucun départ volontaire n'est obtenu. Plus le dossier est conflictuel, plus il faut sécuriser les preuves.
Reprendre l'historique
Identifiez si l'hébergement était temporaire, familial, amical, lié à une séparation ou à une difficulté sociale.
Fixer un délai raisonnable
Envoyez une demande claire, datée, avec une date de départ souhaitée et une proposition d'échange si nécessaire.
Échanges et refus
Gardez les réponses, les preuves de refus, les messages, les attestations et les éléments montrant que l'accord est terminé.
Médiation ou relais social
Une médiation peut permettre d'organiser un départ, surtout dans un contexte familial ou vulnérable.
Demande d'expulsion
Si la personne refuse de partir, une procédure judiciaire peut devenir nécessaire pour obtenir une décision exécutoire.
Ce que l'hébergeur ne doit pas faire
Le fait d'héberger gratuitement une personne ne donne pas le droit de l'expulser par la force. Une action brutale peut retourner la situation contre l'hébergeur et compliquer le dossier. Même si la personne abuse de la situation, il faut rester dans une logique de preuve et de procédure.
Actions risquées
- Changer les serrures pendant l'absence de la personne.
- Couper l'eau, l'électricité, le chauffage ou internet pour faire pression.
- Sortir les affaires du logement sans cadre légal.
- Menacer ou intimider la personne hébergée.
- Empêcher l'accès au logement sans décision applicable.
Réflexes utiles
- Formaliser la fin de l'hébergement par écrit.
- Proposer un délai de départ réaliste si la situation le permet.
- Conserver tous les échanges.
- Faire constater les troubles éventuels.
- Demander conseil avant toute démarche judiciaire.
Que faire si vous êtes hébergé gratuitement et qu'on vous demande de partir ?
Il faut d'abord éviter de rester sans réponse. Si vous ne pouvez pas partir immédiatement, expliquez votre situation par écrit, demandez un délai réaliste et cherchez une solution d'hébergement ou de relogement. Votre position sera plus crédible si vous montrez que vous agissez, plutôt que si vous laissez le conflit se durcir.
Demander un délai écrit
Proposez une date de départ réaliste, même provisoire, pour éviter une rupture brutale du dialogue.
Chercher une solution
Contactez vos proches, le CCAS, une assistante sociale ou une association si vous risquez de vous retrouver sans logement.
Conserver les preuves
Gardez les messages, attestations, justificatifs de présence et démarches de recherche d'hébergement.
Demander conseil
En cas de menace de serrure, coupure ou expulsion immédiate, demandez rapidement un avis juridique ou social.
Hébergement gratuit dans la famille : pourquoi le conflit est souvent plus complexe
Dans un cadre familial, l'hébergement gratuit repose souvent sur un accord informel. Un parent héberge un enfant majeur, un enfant accueille un parent, un conjoint reste dans le logement après une séparation, ou un proche est accueilli le temps de retrouver une situation stable. Le problème apparaît lorsque l'accord n'est plus partagé.
Il faut alors distinguer la relation familiale du droit d'occuper le logement. Le fait d'être un proche ne crée pas forcément un bail. Mais l'hébergeur ne peut pas non plus ignorer brutalement l'occupation réelle du logement lorsque la personne y vit depuis longtemps.
| Situation familiale | Question à vérifier | Point sensible |
|---|---|---|
| Enfant majeur hébergé | Était-ce temporaire ou sans limite claire ? | La demande de départ doit être prouvée et encadrée. |
| Parent accueilli | Existe-t-il une vulnérabilité ou une dépendance ? | Une solution sociale peut être nécessaire avant le départ. |
| Ex-conjoint | Une décision familiale attribue-t-elle le logement ? | Le juge aux affaires familiales peut modifier l'analyse. |
| Ami hébergé | Une date de départ avait-elle été fixée ? | L'absence d'écrit rend souvent le conflit plus difficile. |
| Personne vulnérable | Risque-t-elle de se retrouver sans solution ? | Les démarches sociales doivent être engagées vite. |
Une personne hébergée gratuitement peut-elle être considérée comme squatteur ?
En principe, il faut être prudent avec ce mot. Le squatteur est généralement une personne entrée illégalement dans les lieux. Une personne hébergée gratuitement est souvent entrée avec l'accord de quelqu'un. Le conflit naît ensuite du maintien dans les lieux après la fin de l'autorisation.
Cette distinction change beaucoup de choses. Si l'entrée était autorisée, le dossier ne se traite pas forcément comme un squat. Si l'entrée s'est faite par manœuvre, menace, voie de fait ou contrainte, l'analyse peut au contraire se rapprocher d'une occupation sans droit ni titre avec exceptions à la trêve.
Un locataire peut-il demander le départ d'une personne qu'il héberge ?
Un locataire peut accueillir temporairement une personne chez lui, mais cela ne doit pas créer une sous-location déguisée, un trouble pour le bailleur ou une occupation contraire au bail. Si la personne hébergée refuse de partir, le locataire qui l'a accueillie peut se retrouver lui-même en difficulté, surtout si la situation entraîne des troubles, une dette ou une violation du contrat de location.
Il faut alors agir rapidement : demander le départ par écrit, éviter toute violence, informer éventuellement les bons interlocuteurs et demander conseil si la personne refuse de quitter les lieux.
À vérifier côté locataire
- La personne est-elle simplement hébergée ou paie-t-elle une somme régulière ?
- Le bail interdit-il certaines formes d'occupation ou de sous-location ?
- La présence crée-t-elle des troubles pour le voisinage ?
- Le bailleur a-t-il été informé ou s'est-il plaint ?
- La personne refuse-t-elle clairement de partir ?
Risques à anticiper
- Conflit avec le bailleur.
- Accusation de sous-location non autorisée.
- Dégradation du logement.
- Troubles de voisinage.
- Difficulté à récupérer la jouissance normale du logement.
Que se passe-t-il après le 31 mars ?
Si une décision d'expulsion existe et qu'elle est exécutoire, la sortie de trêve peut permettre la reprise de l'exécution. Pour une personne hébergée gratuitement, cela signifie que le temps hivernal doit être utilisé pour clarifier la situation, chercher une solution, préparer un départ ou organiser la procédure.
Attendre le 1er avril 2027 sans démarche est rarement une bonne stratégie. L'hébergeur doit préparer un dossier propre. La personne hébergée doit chercher des solutions de relogement ou d'accompagnement si elle ne peut pas partir seule.
Avant le 31 mars
Clarifier l'accord, demander le départ, chercher une solution ou engager la procédure si nécessaire.
Après le 31 mars
Une décision exécutoire peut reprendre son cours si les conditions légales sont réunies.
En cas d'urgence
Menaces, coupures, violences ou trouble grave doivent être traités séparément et rapidement.
Guides utiles selon votre situation
Questions fréquentes sur les personnes hébergées gratuitement pendant la trêve hivernale
Une personne hébergée gratuitement est-elle protégée par la trêve hivernale ?
Pas automatiquement. La protection dépend de la situation réelle : accord initial, durée de l'hébergement, usage du logement, absence de bail, décision judiciaire et éventuelles exceptions.
Une personne hébergée gratuitement est-elle un locataire ?
Non, pas en principe. Le locataire dispose d'un bail et paie un loyer. Une personne hébergée gratuitement occupe le logement sans loyer, souvent avec un accord familial, amical ou temporaire.
Une personne hébergée gratuitement peut-elle devenir occupante sans droit ni titre ?
Oui, si l'accord d'hébergement prend fin et qu'elle refuse de quitter les lieux. Il faut alors prouver la fin de l'autorisation et utiliser la procédure adaptée.
Peut-on mettre dehors une personne hébergée gratuitement sans jugement ?
Il faut être très prudent. Changer les serrures, couper les fluides ou sortir les affaires peut être risqué. En cas de refus de départ, une procédure judiciaire peut devenir nécessaire.
Quelle différence entre hébergé gratuitement et squatteur ?
Le squatteur est généralement entré illégalement dans les lieux. La personne hébergée gratuitement est souvent entrée avec accord. Cette différence peut modifier la procédure et l'application de la trêve.
Comment prouver qu'un hébergement gratuit était temporaire ?
Les preuves utiles sont les messages, mails, attestations, échanges familiaux, date d'arrivée, date de départ prévue et demande écrite de quitter les lieux.
La personne hébergée peut-elle demander un délai pour partir ?
Oui, elle peut demander un délai amiable ou faire valoir sa situation dans le cadre de la procédure. Plus la demande est écrite, réaliste et documentée, plus elle est crédible.
Que faire si la personne hébergée refuse de partir après la trêve ?
L'hébergeur doit éviter toute expulsion forcée personnelle. Il doit conserver les preuves, demander conseil et, si nécessaire, engager une procédure pour obtenir une décision exécutoire.

